Douleurs en technicolor

Douleurs en technicolor

Dans le monde enchanté de Véronique Ovaldé, le chat (qui est une chatte) s'appelle Jean-Luc Godard, le chauffeur de taxi (un homme) Judy Garland, et l'héroïne Väätonen, un patronyme qui évoque plus un champion finlandais qu'une jeune femme brune et sexy prénommée Maria Cristina.

Même si celle-ci « a toujours détesté que les prénoms veuillent dire quelque chose », cette subtile association du Nord et du Sud, du froid et du chaud, ressemble aux glaces à la pastèque qu'elle aime déguster sur une terrasse de Santa Monica. La Grâce des brigands repose en effet sur un équilibre funambulesque entre les contraires, un art du décalage. Maria Cristina est née dans une ville nommée Lapérouse, aux confins d'un Canada inventé, d'un père lapon et d'une mère confite en dévotion. On sait le rôle de la géographie chez Véronique Ovaldé, et du GPS farfelu qui nous transporte dans des lieux plus vrais que vrais. Pas besoin de Google Earth pour se représenter le Nunavut, le Bruse Fiord ou Iqanuk, régions septentrionales où l'on parle l'inuktitut ! Une esthétique hyperréaliste sature les couleurs vives à la manière d'un film en technicolor : coucher de soleil fuchsia, voiture verte, robe bleu Pacifique, rouge à lèvres vermillon, foulard violet. La précision des détails ...

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À lire : Révolution aux confins, Annette Hug, traduit de l'allemand Suisse par Camille Luscher, éd. Zoé