Zoé Valdés: «Tendre était la nuit, dur le jour»

Zoé Valdés: «Tendre était la nuit, dur le jour»

Trois ans seulement après avoir quitté Cuba, l'écrivaine se retrouve jurée sur la Croisette, entre vertige, enthousiasme et inquiétude.

En 1998, quand je fus conviée à faire partie du jury du Festival de Cannes, cela faisait seulement trois ans que j'avais quitté Cuba. Avoir publié deux romans en France et en Espagne, sans passer par l'interdiction castriste et la censure de l'agence littéraire dirigée par un Argentin qui représentait le castrisme à l'étranger et vivait à Cuba depuis les années 1960, renforçait inopinément mon statut d'exilée. Bien que l'Espagne m'ait accordé la citoyenneté espagnole, la France refusait de me délivrer une carte de séjour à laquelle j'avais droit comme ressortissant de l'Union européenne. Autrement dit, je pouvais être citoyenne européenne, membre d'un jury prestigieux en France, tout en étant dans ce même pays une sans-papiers. J'ajoute, ce qui peut même sembler comique, que l'on venait de me nommer chevalier des arts et des lettres, sauf que je ne possédais pas cette sacrée carte de séjour avec à la clé un permis de travail.

Quelques mois avant la tenue du Festival de Cannes ...

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