Les femmes en liberté surveillée

Les femmes en liberté surveillée

L'École des femmes plaide pour une émancipation féminine, notamment sur le plan de la sexualité. Si, en la matière, Molière desserre les carcans des normes, il ne les saborde toutefois pas totalement, ce que révèle sa charge contre les précieuses.

Molière féministe ? Si l'on applaudit à la libération d'Agnès (L'École des femmes), on peut être moins à l'aise face aux Précieuses ridicules et aux Femmes savantes, dont les héroïnes ont raison, juge-t-on, de vouloir accéder à la culture, même si elles ont tort de jargonner, de croire aux romans, d'étaler leur science, et surtout de refuser l'amour. Quelle est donc cette éphémère extravagance dont précieuses et savantes se rendirent coupables, pour mériter le ridicule et, au dénouement, une cruelle exécution publique, qui pourrait bien avoir menacé, obliquement, le public féminin de la comédie ?

Parmi les personnages non ridicules chez Molière, figurent au premier rang les jeunes amants, dont le mariage empêché constitue souvent le mince fil de l'intrigue. Secondé par le hasard (L'École des femmes, L'Avare, Les Fourberies de Scapin) ou le jeu (Le Bourgeois gentilhomme, Le Malade imaginaire), leur amour réciproque s'accorde in ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Nos livres

À lire : Révolution aux confins, Annette Hug, traduit de l'allemand Suisse par Camille Luscher, éd. Zoé