L'abîme du golem

L'abîme du golem

Un savant parvient à modeler puis à animer une figure humaine qui finit par le dépasser et l'horrifier. L'ancien mythe juif du golem demeure la matrice de nos angoisses face aux technologies contemporaines et au tabou ultime : la réplication de l'être humain.

L'antique figure mythique du golem connaît aujourd'hui une remarquable popularité sous le nom de robot. L'histoire en est connue, indéfiniment reprise et ravivée par des romans et des films, depuis Frankenstein de Mary Shelley, en 1818, jusqu'à Blade Runner de Ridley Scott (1982) ou Her de Spike Jonze (2013). On peut en résumer ainsi les séquences majeures : un savant fabrique dans l'allégresse puis anime un « golem », une créature humanoïde, qui acquiert bientôt une puissance mentale et physique supérieure à la sienne ; le démiurge, qui admirait son oeuvre encore inerte, la juge monstrueuse une fois qu'elle est devenue consciente et autonome comme lui ; traité comme un monstre, à mi-chemin entre l'homme et l'outil, le golem ne supporte bientôt plus l'injustice de sa condition et se rebelle ; il faut le détruire.

Les mythes ne sont point des récits ordinaires : présents dès les débuts des communautés humaines, ils traduisent des expériences existent ...

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Grand entretien

Claire Marin © HANNAH ASSOULINE/Ed. de l'Observatoire

Claire Marin
Auteure de Rupture(s) (éd. de l'Observatoire)

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