Faussement assagi

Faussement assagi

Avec Tartuffe, le dramaturge s'attaque aux dévots, et le combat durera cinq ans. Avec Le Misanthrope, on le croirait converti à un idéal de modération, digne des moralistes du Grand Siècle. Reste un point sur lequel il ne cède pas : la comédie.

Fils d'une riche famille, assuré de prendre la succession de son père comme valet de chambre et tapissier du roi, Molière avait devant lui un avenir confortable. Or il choisit d'aller faire du théâtre et de vivre avec une comédienne sans être marié : une situation précaire et deux raisons d'être excommunié par l'Église, redoutable puissance à l'époque. Il réussit à se faire protéger et subventionner par de très grands seigneurs, puis par le roi lui-même. Cette situation protège sa liberté, mais elle la restreint : « Les rois n'aiment rien tant qu'une prompte obéissance. » Et ce n'est pas « une petite affaire [...] que d'entreprendre de faire rire des personnes qui nous impriment le respect et ne rient que quand ils veulent » (L'Impromptu de Versailles).

Le choix de la comédie, qui est dédaignée par les doctes, lui permet une grande liberté, dans une époque caractérisée par l'imposition de la discipline en tous domaines. Il en pratique tous les genres : farces, comédi ...

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