Contre l'idôlatrie des canons littéraires

Contre l'idôlatrie des canons littéraires

L'insoumission de l'écrivain est aussi esthétique : Molière ne cesse de se dérober à la tyrannie rationaliste et académique, qui impose des règles trop rigoureuses et étroites. Il démontre qu'il peut exister un classicisme libéral et anti-doctrinaire.

En 1950 paraît un ouvrage du chercheur américain E. B. O. Borgerhoff dont le titre se veut provocateur, voire hérétique à l'égard de toute une tradition critique qui remonte à deux siècles : The Freedom of French Classicism. Comment oser soutenir, pour reprendre les termes du titre, la « liberté » radicale d'un « classicisme » louis-quatorzien si longtemps associé à l'obéissance stricte à un ordre hiérarchique où se confondraient dogme poétique (respect des unités, régulation des genres, bienséances) et autorité monarchique ? Après tout, lors de son entrée en français comme néologisme en 1823 avec le Racine et Shakespeare de Stendhal, le terme « classicisme » est défini non seulement comme la conformité rigide à une doctrine ossifiée, mais aussi comme un nationalisme intolérant, dont témoigneraient les préjugés xénophobes contre les littératures allemande et anglaise : les deux noms qui se font face dans le titre de Stendhal prétendent opposer l'allégeance fanatiqu ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Nos livres

À lire : Révolution aux confins, Annette Hug, traduit de l'allemand Suisse par Camille Luscher, éd. Zoé