Anatomie de l'intégrisme

Anatomie de l'intégrisme

Quand Molière décortique le fanatisme et l'intransigeance, il ne s'en tient pas au plan religieux : le jouisseur athée Dom Juan et l'intraitable Alceste en relèvent aussi. Le rire vise dès lors plus un mode de pensée que sa teneur.

Les principales comédies de Molière sont organisées autour de la toquade ou de la lubie d'un personnage central, pourvu d'autorité et bien décidé à l'exercer en dépit de la liberté et au détriment du bonheur de ceux qui lui sont soumis - la plupart du temps un couple d'amoureux, dont le destin est attaché à la décision de ce père, de cette mère ou de ce tuteur abusifs. Le tromper ou le détromper fait le véritable enjeu de la comédie, dont le mariage des jeunes gens constitue tout au plus l'expression concrète et banale.

Cette folie oscille entre deux pôles que Molière a explicitement nommés dans L'École des femmes (1662) : la « chimère » hallucinée et la « marotte » obsessionnelle. Les chimériques sont des brasseurs de vent, étourdis et importuns. Ils s'engouent de rêves éveillés et de modes inconsistantes, de chic et de toc, du « bling-bling » des années folles qui ouvrent le règne personnel de Louis XIV : préciosité, parisianisme, snobisme, fausses valeurs et vraie ...

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