« L'art de ne pas saturer »

« L'art de ne pas saturer »

Tour à tour Scapin, Trissotin et Dom Juan, le comédien et metteur en scène Arnaud Denis explique pourquoi, lorsqu'il lit Molière, il a « l'envie immédiate de le jouer ».

Vous avez à la fois monté et joué Les Fourberies de Scapin, Les Femmes savantes et Dom Juan, trois pièces de Molière très différentes. Comment y avez-vous ressenti le rapport entre libertés et contraintes ?

Arnaud Denis. La pièce la plus construite, c'est bien sûr Les Femmes savantes, découpées et réglées comme un jardin français, avec une chute soignée à la fin de chaque acte. La mise en scène s'impose de manière rigoureuse. Scapin, quoique tardif, est plus spontané, comme un jet. La structure, moins aboutie, laisse place au rythme. Il faut respecter sa cadence : c'est un train en marche, si on le ralentit pour y plaquer des pensées de mise en scène, la pièce se venge. Quant à Dom Juan, c'est le grand mystère : c'est la pièce la plus difficile, éparpillée, fascinante, un « crachat endiamanté », comme dit Jacques Lassalle. La tirade de l'hypocrisie me semble en être le noyau. C'est une pièce à machines, q ...

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