Le rire, frondeur ou suiveur ?

Le rire, frondeur ou suiveur ?

Si le rire est capable de remettre en cause les autorités instituées, il peut aussi verser dans la flagornerie et la connivence, cimenter le pouvoir en entretenant les préjugés dominants : l'insaisissable insolent se fait alors bouffon du roi.

Ami du diable, frère du scandale, fierté des faibles, trappe à bêtises, tueur de chagrin, terreur du juge, repousse-raison, feu de l'émeute, sursaut de l'âme, bourreau des cons, jour dans la nuit, trace d'enfance, bonheur frivole, plaisir infâme, contrepoison, brûleur d'ennui, cri de détresse, secoueur de viande, fête de soi, libre en éclats, nous te saluons Le Rire !

Le sérieux fortifie les idées. Il les solidifie même, jusqu'à ce qu'elles finissent par boucher la pensée. Cholestérol de l'imaginaire, le rire le fendille par à-coups, jusqu'à ce que la lumière passe de nouveau.

Lors de la dernière campagne présidentielle, marécageuse à souhait et quotidiennement ridicule, les politiques ont rivalisé d'audace dans l'art de la comédie, dépassant de loin parfois les prophéties les plus extrêmes de Guy Debord sur la société du spectacle. Les primaires, qui se sont déroulées dans un décor et une dramaturgie dignes de « Questions pour un champion », ont offert aux sept mercen ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Nos livres

Ceux qui restent, Benoît Coquard, La Découverte, 280 p., 19 €.

Offrez un abonnement au Nouveau Magazine littéraire

Supplément web

Chaque numéro du Nouveau Magazine littéraire est complété d'articles en accès libre à lire sur ce site internet. 

DÉCEMBRE :

► Entretien avec David Djaïz, auteur de Slow Démocratie (Allary) : complément de la brève « La place de la nation »

NOVEMBRE :

 Dominique Bourg contre le « fondamentalisme de marché » : complément de l'article « Réchauffement politique »

► Version longue de l'entretien avec Yann Algan : le co-auteur de l'essai Les Origines du populisme analyse la montée de la défiance envers les institutions dans notre dossier « Cas de confiance »

► Paradoxale promesse : critique du dernier essai de Vincent Peillon