En Russie, une culture ambiguë du dur à cuire

En Russie, une culture ambiguë du dur à cuire

Célébrée en son temps par la propagande soviétique, l'endurance russe est à double tranchant : elle peut, sous couvert d'esprit de sacrifice, justifier la soumission collective, mais aussi susciter d'admirables forces de survie et de dissidence.

Des héroïques défenseurs de l'usine Octobre rouge qui, seuls sur la rive occidentale de Stalingrad, ne cédèrent jamais aux Allemands, aux sacrifices collectifs de la population de Leningrad assiégée neuf cents jours durant, l'esprit de résistance russe fut l'un des thèmes préférés de la propagande soviétique. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'existe pas. L'image d'Épinal d'un peuple capable de supporter des souffrances et des épreuves hors du commun a souvent été utilisée, en Europe, pour relativiser ces mêmes souffrances. En même temps, ce lieu commun est confirmé par des oeuvres littéraires, auxquelles l'histoire semble donner raison. Du prince Andréï relevant le drapeau de son régiment dans le désastre d'Austerlitz dans La Guerre et la Paix au vieux bolchevik Mostovskoï, prisonnier des nazis et refusant la connivence intellectuelle que lui propose son geôlier, dans Vie et destin de Vassili Grossman, la littérature russe a élevé de nombreuses figures de résistance. ...

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À lire : « Le froid, roman en trois actes avec entractes », Andreï Guelassimov, traduit du russe par Polina Petrouchina, éd. Actes Sud

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