Populisme

Populisme

Une farce ancienne

Si Shakespeare est déjà instructif sur l'art et la manière de manipuler les masses, c'est à Rousseau que l'on doit l'invention du populisme moderne, destiné non plus à l'ensemble des citoyens mais seulement aux plus modestes d'entre eux.

« Belle mais étrange patrie/Que celle qui m'a été donnée/ [...] Elle cherche la révolte/Et s'offre des tyrans. » Mis en musique par Angélique Ionatos, ces vers du poète grec Odysseas Elytis (1911-1996) résument de façon lapidaire ce courant protéiforme et ambivalent de la vie politique que l'on appelle « populisme » ; qui, de l'Empire romain à Eva Perón et de Trump à Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, fascine et interroge sous toutes les latitudes depuis l'apparition de la démocratie, mais que personne ne sait comment définir et dont l'analyse et la description remplissent en vain des bibliothèques entières. « Je voudrais seulement comprendre comment il se peut que tant d'hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois un tyran seul qui n'a de puissance que celle qu'ils lui donnent, qui n'a pouvoir de leur nuire qu'autant qu'ils veulent bien l'endurer, et qui ne pourrait leur faire aucun mal s'ils n'aimaient mieux tout souffrir de lui que de le contredire » ...

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