Don Quichotte de la Canebière

Don Quichotte de la Canebière

Aujourd'hui quelque peu oublié, le poète et écrivain, disparu en 1948, disait « n'avoir jamais vécu que pour la vie future ». Libre-penseur, historien de formation, vivant de peu, il fut incontestablement d'une grande indépendance à tous niveaux, y compris politique. Une anthologie démontre ainsi sa grande défiance à l'égard des tentations totalitaires, à gauche comme à droite.

Marseille, ce n'est pas que Zidane et les personnages de Pagnol ; c'est aussi André Suarès, que l'on n'associe pas assez à la cité phocéenne alors que le pamphlétaire a écrit Marsiho, en 1931, sublime hymne consacré à sa ville natale qu'il compare à un « incendie en plein jour [qui] flambe au soleil ». L'écrivain au regard intense est oublié parce que son comportement exemplaire réduit celui des gloires canonisées au rang de banal parcours d'ambitieux à courte vue. En marge de ses hommages aux illustres créateurs (François Villon, Pascal, Ibsen, Dostoïevski...), il a tenu la chronique de son temps dans des articles qui conservent toute leur force tant ses analyses sont pertinentes. André Suarès a gardé sa lucidité à une époque où les écrivains brandissaient des totems en « isme » qui préparaient des bains de sang. Il suffit de lire Contre le totalitarisme pour retrouver les saines colères de celui que l'on a souvent comparé à un Don Quichotte moderne, dès lors qu'i ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard