Divorce à l'italienne

Divorce à l'italienne

Derrière la fiction d'une écriture intime, un regard acéré sur la société patriarcale italienne des années 1960.

Faux journal intime d'une grande bourgeoise milanaise mais très beau texte, le premier roman de la plasticienne Gabriella Zalapì marche sur une crête séparant les feintes de la comédie sociale et la franchise des confidences de sa narratrice. « J'aimerais abandonner ce corset, cette posture de femme de, de mère de. Je ne veux plus faire semblant. » Il n'en faudrait pas plus pour qu'Antonia rejoigne l'étagère des romans féministes. Seulement, l'écriture de Gabriella Zalapì vise moins le féminisme qu'elle ne le manie comme une arme. Certes, la narratrice s'épanche et balance quelques complaintes aiguisées sur sa vie de perfect house wife. Le féminisme ici tient pourtant plus de révélateur que d'une simple accumulation de doléances.

Strié de saillies percutantes contre toute une galerie de personnages, avec comme cible prioritaire Franco, l'époux au « dos de prêtre » et aux « petits yeux pointus et avares », le roman figure ces portraits en quelques mots incisi ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard