On dirait le Sud

On dirait le Sud

L'image d'un Giono solitaire dans sa thébaïde de Manosque et chantre de la paysannerie provençale a fait long feu. À bien examiner sa vie et son oeuvre, c'était un écrivain engagé qui n'a cessé de défendre une notion plus que jamais malmenée aujourd'hui : celle d'une vie humaine libre et heureuse.

Giono connut un immense succès dès la publication de son premier roman, Colline, en 1929. Ce fut à la fois sa chance, car il put démissionner de la banque où il travaillait pour se consacrer à la littérature, et la source d'un malentendu. Parce qu'on le classait écrivain « provençal », certains l'ont confondu avec les émules de Frédéric Mistral ou les amateurs de couleur locale comme Marcel Pagnol. D'autres ont plus justement souligné qu'il recréait un Sud mythique, comparable à celui de Faulkner dans la littérature américaine. Pénétré d'un génie poétique et d'un panthéisme qui pouvait rappeler celui de Whitman ou d'Emerson, Giono célébrait en effet le mystère d'une nature éternelle au sein de laquelle l'homme devait lutter pour trouver sa place et sa dignité.

Manuel d'écologie avant la lettre

La Provence de Giono a l'âpreté primitive du théâtre de Shakespeare ou d'Euripide. Arbres et déserts (il y a des déserts en Provence !), herbes et étoiles y sont dou ...

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Entretien

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