Diogène à Vienne

Diogène à Vienne

Pas facile de cerner Karl Kraus (1874-1936), l'imprécateur-dynamiteur de la Grande Vienne cultivée de la fin du XIXe siècle. Une monumentale biographie apporte tous les éléments du dossier, mais sans vraiment trancher.

D'avril 1899 à février 1936, le Tout-Vienne guetta les livraisons, d'abord au rythme de trois numéros par mois puis de plus en plus irrégulières, d'une revue-brûlot à la flamboyante couverture rouge, Die Fackel. « Le Flambeau », ou « La Torche », commentait l'actualité artistique mais aussi politique de la grande capitale du centre de l'Europe, dénonçant l'inauthenticité des uns et des autres, s'en prenant à la grande presse, accusée de diffuser une phraséologie mensongère formatant (en la déformant) l'opinion, dégonflant les impostures des faux artistes et autres faux penseurs. Ouverte au début à des collaborations extérieures, Die Fackel devint, à partir de 1912, l'oeuvre unique de son fondateur, Karl Kraus, qui en rédigeait tous les articles, y compris les plus brèves notules. Ce maître, par ailleurs, de l'aphorisme (son recueil Dits et contredits, de 1909, est un des sommets du genre) interprétait aussi ses écrits sur scène en des lectures publiques q ...

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