Des pièces imbriquées

Des pièces imbriquées

Les deux dramaturges ont salué le théâtre de Cocteau, qui constitue une passerelle inattendue entre leurs univers, en alliant classicisme et irréalité, épure et goût du simulacre exhibé.

Acrobate ; c'est ainsi que Ionesco et Anouilh ont salué Jean Cocteau (1). Ce don qu'ils lui reconnaissent n'est, du reste, pas pour déplaire à ces deux saltimbanques oeuvrant, comme lui, dans le sens d'une révolte sans cesse alimentée par une réflexion sur l'art dramatique. Cette révolte, c'est celle d'Antigone - la tragédie de Sophocle est adaptée en 1922 par Cocteau et par Anouilh en 1944 -, répudiant haut et fort une vie qui serait incompatible avec son exigence nostalgique de pureté. De même Orphée, que Cocteau a exploré dès 1926 avant qu'Anouilh ne le réinterprète dans Eurydice (1942). Une affection commune pour la tragédie shakespearienne crée aussi des affinités entre les trois dramaturges ; Ionesco réinvente un Macbett (1972) plus proche d'Ubu roi que de Macbeth, tandis que les deux autres se tournent vers les amants de Vérone : Cocteau monte Roméo et Juliette en 1924 et Anouilh Roméo et Jeannette en 1946. Ces nombreuses ...

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