Des mythologies profanes

Des mythologies profanes

Alice Munro, prix Nobel de littérature 2013, transpose souvent des figures mythologiques dans la trivialité quotidienne : chacune de ses nouvelles est avant tout une énigme.

L'écriture d'Alice Munro est remarquablement paradoxale : elle brosse le portait d'un monde rural où les renards argentés sont élevés pour être dépecés (« Des filles et des garçons », La Danse des ombres heureuses, éd. Rivages poche) et les dindes tuées et plumées quelques heures avant le réveillon (« La saison des dindes », Les Lunes de Jupiter, éd. Points), mais les noms d'Héliodore, de Longus ou d'Achille Tatius, et les références à Shakespeare ou à Tennyson parsèment discrètement ses nouvelles, comme pour mieux brouiller les pistes entre culture populaire et culture savante.

Munro construit une intrigue qui est d'abord une énigme. Elle sème des indices dans le monde extérieur pour étayer son analyse des mouvements de l'âme ; elle nous fait participer à une démarche d'investigation de la réalité psychique en faisant parler des objets, des images ou des traces. Elle désigne les ressorts cachés des conduites humaines à travers le déchiffrement de secrets in ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

Nos livres

À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

Supplément web

Chaque numéro du Nouveau Magazine littéraire est complété d'articles en accès libre à lire sur ce site internet. 

MAI :

► Roberto Bolaño, et de deux : en complément de l'ensemble « Il faut relire » consacré à l'écrivain

► Entretien avec Jacopo Rasmi : avec Yves Citton, il signe l'essai Générations collapsonautes