Une pensée de contrebande

Une pensée de contrebande

Walter Benjamin

Après avoir tenu pour seule valide la philosophie analytique mondialisée, l’auteur de ces lignes a franchi la frontière en compagnie du flâneur du Livre des passages.

Je me demande parfois pourquoi je ne suis pas devenu wittgensteinien : je me vois le devenir, un été, en Corse, marqué par la dureté du  paysage et la précision de sa pensée. Je le lisais sur une pierre grise, près d’une cascade, et à mesure que je lisais ses Remarques sur les couleurs, les traces mouillées de mes mains s’évaporaient sous le soleil implacable. On touche avec Wittgenstein aux pierres chaudes de la pensée. On lit Wittgenstein une louche d’eau sur les pierres brûlantes, pas tout à fait certain de survivre à cette nouvelle génération de vapeur. Wittgenstein est une pointe extrême de la pensée, lieu à partir d’où tout se volatilise. L’impression que ces mots, rares, qu’il a posés sur des problèmes, sur des sensations précises, seront les derniers que l’humanité ne prononcera jamais. Au-delà, ce serait se dissoudre dans la grande religiosité des choses ; au-delà, la raison desserrerait son emprise. J’avais aimé cela, cet été-là, en Corse. L’étrange masochism ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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