Derrida en héritage

Derrida en héritage

« C'est plus tard que tout cela a une chance d'apparaître », disait le philosophe-écrivain à la veille de sa mort, il y a six ans. « Tout cela » : son oeuvre-continent, forte de presque 90 livres et de quarante ans de séminaires que l'on commence tout juste à publier chez Galilée.

Comment se fait-il que pour un Français lisant un livre de Derrida, au pays de la philosophie au lycée, dix Américains l'aient déjà parcouru, malgré la maigre formation philosophique qui est la leur ? » Cette question de François Cusset 1 est toujours actuelle et révèle l'incroyable ostracisme qu'a subi - en France uniquement ! - Jacques Derrida, le penseur pugnace des déconstructions, le questionneur tenace de la métaphysique occidentale. Trop philosophe comme dans L'Écriture et la Différence pour plaire aux écrivains, trop écrivain comme dans Glas ou La Carte postale pour plaire aux professeurs de philosophie, il a laissé en héritage des textes d'une intelligence proprement folle, des textes qu'on a crus prolixes quand ils étaient prolifiques, et autoritaires quand ils étaient libérateurs. Lui-même s'inquiétait de leur réception : « Qui va hériter, et comment ? Y aura-t-il même des héritiers ? » En 2004, dans son dernier entretien pour le journal Le Monde 2, il explicitait ces cra ...

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Grand entretien

Claire Marin © HANNAH ASSOULINE/Ed. de l'Observatoire

Claire Marin
Auteure de Rupture(s) (éd. de l'Observatoire)

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