Derrière le masque

Derrière le masque

L'auteur de L'Empire des signes a toujours été fasciné par les masques, d'abord ceux des catcheurs, qui montrent plus qu'ils ne cachent, mais aussi parce qu'ils offrent la latitude de sortir d'une identité et de transfigurer le réel, tributaire des oppositions binaires entre les sexes.

L'une des premières images publiques de Roland Barthes nous le montre avec un masque. Dans la cour de la Sorbonne, avec son Groupe de théâtre antique, il joue Darios, le roi mort, dans une mise en scène des Perses d'Eschyle. Sous la tiare royale, il débite d'une voix sourde les prophéties funestes que le souverain défunt adresse à son peuple. Quarante-cinq ans plus tard, à quelques mètres de là, le professeur au Collège de France demande à son auditoire de bien vouloir lui prêter un masque : il aimerait, le temps d'un cours qu'il a intitulé « La préparation du roman », faire comme s'il était écrivain, il voudrait devant eux tenir le rôle de celui qui s'apprête à écrire un livre. D'un masque l'autre. Celui qui aura passé sa vie à débusquer la machine du sens, à démasquer toutes les formes de l'idéologie, d'autant plus insidieuse quand elle cherche à dissimuler ses traits, aura aussi été passionnément attiré par la puissance du masque, par sa duplicité énonciative comme par l ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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