Aharon Appelfeld, dernier séjour

Aharon Appelfeld, dernier séjour

Dans son ultime roman, l'écrivain juif de Bucovine, disparu en 2018, évoque les vacances estivales passées avec ses parents, entre dénégation et lucidité sur l'horreur qui les attendait.

C'était l'époque où les Juifs d'Ukraine prenaient leurs vacances sur la rive du Pruth et où Aharon Appelfeld s'appelait encore Erwin. Quand le roman commence, il a « 10 ans et sept mois », se passionne pour Jules Verne et ne sait pas encore qu'il va devenir un grand écrivain, mais il ressent et observe. Cela tombe bien : le théâtre estival qui se déploie sur des serviettes en bord de rivière offre mille aperçus sur la nature humaine susceptibles d'instruire le petit garçon. Par son regard, il distribue les premiers rôles : cette femme surnommée « P. » si soucieuse de ses belles jambes et aux prises avec des passions contradictoires qui font d'elle la risée des vacanciers, et cet « homme à la jambe coupée » qui tente de la ramener à la réalité, comme il le fait avec chacun, et qui cache un extraordinaire secret. Ou ce docteur Ziegler, médecin des pauvres, qui s'use la santé à répondre à toutes les sollicitations. Ou encore Rosa, diseuse de bonne aventure. Pour eux comme pour le jeune ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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