De l'or après l'horreur

De l'or après l'horreur

Sur l'air d'une vieille chanson que fredonnait sa mère, l'écrivain revisite ses souvenirs d'enfant élevé dans un Belleville où l'on parlait yiddish, au lendemain de l'Occupation. Le mémorialiste de l'intime n'est pas un fabricant de nostalgie à la petite semaine.

Le livre porte la mention « roman », mais il s'agit de souvenirs transcendés dans un récit. L'important, c'est la littérature, et elle y est bien présente. Se souvenir, rendre hommage ne suffit pas : il faut l'art et la manière de raconter avec le bon dosage de sentiment et de grammaire. Pour émouvoir, le mieux c'est d'avoir été ému. Ce fut le cas du jeune Henri Raczymow, toujours attentif à sa famille. Depuis 1973, il a publié une bonne trentaine de livres, dont Contes d'exil et d'oubli (1979), qui peut être considéré comme le terreau d'Elle chantait Ramona, car le petit-fils d'émigrants juifs polonais y rendait déjà hommage à ses grands-parents, Simon et Mania. Presque quarante ans plus tard, l'écrivain revient sur les siens avec désormais l'âge de ceux qu'il ne parvient pas à oublier parce qu'il les a tant aimés quand il était enfant. Dans la bibliographie d'Henri Raczymow, outre des livres sur Marcel Proust - l'homme qui refusa de vivre le présent pour mieux ex ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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