De guerre lasse

De guerre lasse

Le journal d'un homme de troupe italien en 1915, ou l'épuisement du fantassin.

Engagé volontaire dans l'armée italienne en 1915, Giani Stuparich a consigné quotidiennement son vécu. Remanié en 1930, ce journal des deux premiers mois de combats conserve, selon son auteur, « tout son caractère : celui d'annotations faites sur le moment ». L'immédiateté de l'écriture s'impose comme exigée par la vitesse à laquelle la guerre absorbe l'énergie des hommes. Éreinté en quatre jours, sans même avoir vu le front, Giani Stuparich note : « On ne va pas combattre : on marche ; on n'entend pas le canon : on marche ; la campagne n'a plus aucun aspect particulier, tout s'épuise dans la route blanche sur laquelle on marche. » Traversé de part en part par ce type d'annotations, L'Année 15 est la chronique d'une fatigue culminant dans des sommeils si lourds qu'ils écrasent tous rêves, à l'instar de cette nuit passée « comme un instant, vide de sensations ».

Si la guerre entraîne une temporalité abrutissante, répartie de manière binaire entre activité harassante e ...

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