Datar, mon amour !

Datar, mon amour !

La BnF propose un portrait de la France de 1984 à 2017 à travers les clichés réalisés pour l'ex-Délégation à l'aménagement du territoire. Visite extatique.

je me souviens de l'instant précis où je suis devenu secrètement mégalomane : c'était dans l'escalator sous la pyramide du Louvre. Je m'étais laissé porter par la machine et j'avais imité le visage immobile du président Mitterrand le jour de son inauguration. Le musée et la France m'appartenaient, je descendais dans mon royaume. L'État, c'était moi, et une partie du romancier que je suis devenu continuait à le croire. Je m'en suis rendu compte en visitant l'exposition « Paysages français » à la BnF.

Non seulement la totalité de ce que j'aimais était rassemblée là - centrale nucléaire du Bugey, plage de la Seine-Maritime, lotissement absurde de Montignac, grand ensemble de Noisy-le-Grand, enseignes de Décathlon géantes, cube de paille énigmatique, sanglier de béton -, mais j'y ai même croisé, terminant l'installation de son diaporama, le photographe Éric Tabuchi, qui non seulement avait réalisé une partie de mon vieux fantasme photographique, celui d'un inventaire de ...

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► Entretien avec David Djaïz, auteur de Slow Démocratie (Allary) : complément de la brève « La place de la nation »

NOVEMBRE :

 Dominique Bourg contre le « fondamentalisme de marché » : complément de l'article « Réchauffement politique »

► Version longue de l'entretien avec Yann Algan : le co-auteur de l'essai Les Origines du populisme analyse la montée de la défiance envers les institutions dans notre dossier « Cas de confiance »

► Paradoxale promesse : critique du dernier essai de Vincent Peillon