Dans les cendres de Babel

Dans les cendres de Babel

Vous marchez hébété sous une pluie d'objets et de corps, une mitraille de verre, dans une espèce d'apocalypse pulvérulente blanche et âcre. Peut-être êtes-vous un de ces hommes filmés par les auteurs français du film 9-11, le fameux jour qui vit s'effondrer les tours de l'orgueilleuse certitude américaine. Ce sont les pages d'ouverture de L'Homme qui tombe, dont paraît la traduction.

À l'évidence, il y a une marque de fabrique Don DeLillo. Americana, le premier roman, date de 1971 ; il en portait la griffe, mais il fallut attendre pour la discerner. Americana, c'est le temps des road-movies, de l'incommunicabilité, des junkies de l'autodestruction sur fond de jazz. DeLillo semblait ne pas échapper à la boulimie de vouloir tout dire, syndrome du premier livre. Or, cet appétit quelque peu naïf dévore ses romans les uns après les autres, constructions ambitieuses, élevées telles des tours mosaïques dans un paysage confus, ou, à mieux dire, dans la confusion d'un chaos global.

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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