Dans la toile de la Lady

Dans la toile de la Lady

En 1794, l'auteur d'Orgueil et préjugés campe dans un court roman épistolaire le portrait d'une jeune veuve frivole et manipulatrice. Aujourd'hui adapté, ce récit donne une comédie de moeurs charmeuse, mais non sans part d'ombre.

La comédie de moeurs apparaît un genre à la fois désuet et nébuleux (que serait donc une fiction sans moeurs ?). On a l'impression qu'on va passer deux heures avec une vieille tante observatrice : on reconnaîtra son coup d'oeil, mais on ne verra pas trop quoi faire de ses croquis et mots d'esprit, si ce n'est amorcer une collection assez vaine, ranger les types psychologiques ou sociaux dans un album qu'on s'empressera d'oublier. L'Américain Whit Stillman est l'un des rares cinéastes contemporains à mériter (et à revitaliser) cette étiquette : il parvient à être à la fois subtil et tranchant, ce qui n'est pas aisé. Et quand les représentants du « genre » ont plutôt tendance, en bêtes sociales, à surproduire (cas d'école de Woody Allen), lui sait s'économiser : à 64 ans, il a seulement réalisé cinq longs métrages, y compris celui-ci.

Depuis son premier film, Metropolitan (1990), sa grande affaire fut, jusqu'ici, de restituer les années 1980, celles de sa jeunesse, et ...

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Grand entretien

Claire Marin © HANNAH ASSOULINE/Ed. de l'Observatoire

Claire Marin
Auteure de Rupture(s) (éd. de l'Observatoire)

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