Cyranomania

Cyranomania

Dans une France divisée, tous adorent Cyrano : cléricaux et bouffeurs de curés, républicains et monarchistes, dreyfusards et antidreyfusards.

le 28 décembre 1897 restera une date dans nos annales dramatiques », s'exclamait, au lendemain de la création de Cyrano de Bergerac au Théâtre de la Porte-Saint-Martin, le plus influent des critiques d'alors, Francisque Sarcey, dans Le Temps, avant de poursuivre : « Un poète nous est né. [...] Cet auteur dramatique est de veine française. [...] Il est aisé, il est clair, il a le mouvement et la mesure, toutes les qualités qui distinguent notre race. Quel bonheur ! quel bonheur ! Nous allons donc enfin être débarrassés et des brouillards scandinaves et des études psychologiques trop minutieuses, et des brutalités voulues du drame réaliste. »

Rostand arrivait à son heure. Après la liquidation du théâtre romantique, à la suite de l'échec des Burgraves de Victor Hugo (1843), la scène n'était occupée que par des classiques ou des néoclassiques et par le vaudeville. Racine et Ponsard d'un côté, Labiche et Feydeau de l'autre. Il y eut, certes, da ...

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