Les yeux secs

Les yeux secs

Traducteur, critique et écrivain, Jean-Yves Masson restitue un ancien conte alsacien qui berça son enfance. On y apprend qu'être protégé de toute larme se révèle être une malédiction.

Il est rare qu'un don généreusement offert, un don qui aurait dû permettre d'accéder au meilleur, ouvre les portes au pire. Il n'est pas courant qu'un malheur soit en réalité une bénédiction. Cela arrive toutefois dans les contes populaires transmis depuis des siècles, qui savent effleurer du doigt la vérité de l'humanité.

Dans un pays où les paysans sont dominés par leurs maîtres et les seigneurs soumis au roi « vivait un couple que la vie n'avait pas épargné ». La terre était dure, l'eau manquait, les animaux mouraient, et leur fils unique était mort en travaillant à la mine. Alors que les gens raisonnables ne prêtaient aucune foi en la magie, le mari et la femme croyaient aux fées et aux lutins, qui furent touchés par les malheurs qui s'abattaient sur eux et émus de l'amour sincère qui les unissaient. Aussi, lorsqu'une nouvelle enfant naquit, les fées se penchèrent sur le berceau et proposèrent chacune un don. La reine des fées avait choisi de lui attribuer les dons de la ...

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À lire : « Le froid, roman en trois actes avec entractes », Andreï Guelassimov, traduit du russe par Polina Petrouchina, éd. Actes Sud

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► Entretien avec David Djaïz, auteur de Slow Démocratie (Allary) : complément de la brève « La place de la nation »

NOVEMBRE :

 Dominique Bourg contre le « fondamentalisme de marché » : complément de l'article « Réchauffement politique »

► Version longue de l'entretien avec Yann Algan : le co-auteur de l'essai Les Origines du populisme analyse la montée de la défiance envers les institutions dans notre dossier « Cas de confiance »

► Paradoxale promesse : critique du dernier essai de Vincent Peillon