Le soupçon du ronron

Le soupçon du ronron

Dans son dernier essai, le philosophe regrette que la modernité ait toujours, selon lui, consisté à liquider le passé. L'art de la digression de Sloterdijk, s'il peut encore ponctuellement faire mouche, vire toutefois ici au bavardage et au conservatisme.

L'Allemand Peter Sloterdijk est sans conteste l'un des grands intellectuels européens actuels. Ce statut, il l'a conquis par sa culture quasi encyclopédique, son sens aigu de l'actualité, un goût assumé pour la provocation et une « forme » novatrice : depuis sa Critique de la raison cynique, sa singularité réside en effet dans son art de la digression. Quand il traite d'un sujet, plutôt que de l'aborder de front, il sort de sa poche les exemples les plus décalés, pris dans l'histoire, la philosophie et la littérature de toute époque, mais aussi la peinture, l'architecture, les objets du quotidien, les physionomies, etc. Il les développe sans se soucier a priori de leur cohérence ; et, miracle ! il en sort des ouvrages certes parfois un peu chaotiques mais toujours attachants et éclairants, comme sa vaste trilogie Sphères. Bref, c'est un maître de l'essai à tendance philosophique.

Le principe de la chute en avant ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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