Ernst Jünger, la guerre en chantant

Ernst Jünger, la guerre en chantant

Dans ses lettres envoyées depuis le front, l'écrivain laisse percer une troublante exaltation.

La scène est à Péronne, en juillet 1992, lors de l'inauguration de l'Historial de la Grande Guerre. Invité d'honneur de la cérémonie, Ernst Jünger, 97 ans, affronte, paisible, la charge des micros ; dédicaçant quelques volumes à des fans ébahis et tremblotants. Question d'une radio : « Quel est votre pire souvenir de la Première Guerre mondiale ? » Un temps de réflexion. Réponse de l'ancien engagé volontaire d'août 1914, officier aux sept blessures du 73e régiment de fusiliers hanovriens et rarissime médaillé « pour le mérite » : « Ach, de l'avoir perdu bien sûr... » Par-delà son humour glaçant, cette répartie livre bien la complexe ambiguïté du rapport jüngerien à la guerre : jeu suprême et baptême du feu existentiel, scoutisme héraclitéen et volonté maximale de tester la structure de l'homme. Cette insatisfaction intérieure et ce besoin d'une vie tout en risque, escaladée par la face nord, habitaient en effet ce juste bachelier de 19 ans, cancre notoire, fugueur et déserteur de la ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

Nos livres

À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

Supplément web

Chaque numéro du Nouveau Magazine littéraire est complété d'articles en accès libre à lire sur ce site internet. 

MAI :

► Roberto Bolaño, et de deux : en complément de l'ensemble « Il faut relire » consacré à l'écrivain

► Entretien avec Jacopo Rasmi : avec Yves Citton, il signe l'essai Générations collapsonautes