Entrechats du trauma

Entrechats du trauma

Hantée par la mort accidentelle de son père, dont elle fut témoin, la danseuse Else tente de reprendre pied en nouant son art et sa psychanalyse. Croyant exorciser le souvenir, elle sera bien plutôt entraînée dans un ballet horrifique.

Oublier, ou bien se souvenir ? Puisque entre les deux son coeur balance, Else danse. Femme « vitrifiée », elle cherche une trace de son histoire dans les ballets qu'elle interprète : les solos chamaniques du Sacre du printemps, ou la tragédie d'Orphée, son « frère de peine » - ils ont en partage le regard meurtrier, depuis que, enfant, elle a vu son père écrasé par une voiture. Comment négocier avec « cette sphère de chaos qui dévaste tout, le corps du père qui s'abat et toujours sur la gauche du souvenir : le trou, l'image manquante, le non-visage du chauffeur qui glisse dans les yeux sans être vu » ? Si le chorégraphe de sa troupe la pousse à déloger d'elle ce démon, son psychanalyste met tout en oeuvre pour l'aider à « lever les scellés » de sa mémoire.

Dès lors, le roman se torsade entre les plis de cette « spirale intérieure ». Comment, par le corps, désincruster les « tatouages de l'âme » ? Comment sculpter les mots pour qu'ils accueillent cette « épiphanie de ...

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