Deux funambules de l'improbable

Deux funambules de l'improbable

Dans des registres certes différents, deux Anglais vérifient un penchant communément associé à leur nation : le goût de l'incongru, le goût du bizarre ou du nonsense . D'un côté des ferrailleurs excentriques dans un univers gothique à la Tim Burton, de l'autre un professeur Tournesol élucidant tous les hasards.

L'idée selon laquelle les Britanniques sont excentriques est un tel cliché qu'on ose à peine l'écrire. Les preuves sont pourtant nombreuses, notamment du côté des écrivains. Prenez John Ironmonger et Edward Carey. Âge, univers, style, tout semble séparer ces romanciers. Pourtant, cinq pages suffisent pour qu'on repère leur point commun : ils sont anglais. À quoi cela tient-il ? Une façon oblique de voir les choses. Un imperceptible rictus. Une sorte de détachement narquois et poétique. Allez savoir ! Le Château et Le Génie des coïncidences, en tout cas, illustrent deux facettes de l'esprit anglais, deux façons de cultiver la bizarrerie, et perpétuent chacun à leur façon deux traditions littéraires britanniques.

Commençons par Edward Carey, dont le registre est le plus facilement reconnaissable. Né en 1970 dans le Norfolk, cet écrivain et illustrateur s'est fait connaître en France au début des années 2000 avec deux merveilleux romans, L'Observatoire ...

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Grand entretien

Claire Marin © HANNAH ASSOULINE/Ed. de l'Observatoire

Claire Marin
Auteure de Rupture(s) (éd. de l'Observatoire)

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