Ambrose, virtuose de l'angoisse insidieuse

Ambrose, virtuose de l'angoisse insidieuse

Proche d'Edgar Poe, admiré par Lovecraft, Ambrose Bierce est l'un des pères fondateurs, parfois oublié, de la fiction horrifique américaine. Ses Contes noirs sont aujourd'hui réédités.

Il y a souvent, dans les nouvelles d'Ambrose Bierce, une phrase péremptoire qui peut servir d'exergue. « Arrivée à un certain degré, l'épouvante peut devenir folie », lit-on dans « La fenêtre condamnée ». Ou bien, dans « Une sacrée garce » : « Quand la terreur et l'absurdité font alliance, l'effet est effroyable. » Terreur, épouvante, absurdité, folie : ces quatre mots résument à merveille l'univers du maître de la fiction horrifique, héritier du roman gothique, proche d'Edgar Poe, qu'il cite volontiers. H. P. Lovecraft, dans son essai de 1927 sur l'épouvante et le surnaturel, ménage à l'écrivain une place de choix, auprès de Hawthorne, Poe, Ashton Smith, Machen ou Blackwood. Comme le note son premier traducteur français, Jacques Papy, Ambrose Bierce possède le don « d'exprimer le maximum de terreur dans le minimum de mots », réussissant « ce tour de force de nous fasciner par des récits absolument statiques dans lesquels il ne se passe presque rien ».

Presque rien, c'est be ...

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Grand entretien

Claire Marin © HANNAH ASSOULINE/Ed. de l'Observatoire

Claire Marin
Auteure de Rupture(s) (éd. de l'Observatoire)

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