Starobinski, le prince de l'essai

Starobinski, le prince de l'essai

Un imposant recueil rend grâce à une érudition partageuse et à une curiosité tous azimuts.

Le mot « essai » a perdu, dans les lettres actuelles, une bonne part de sa signification originelle. Influence du sens courant évoquant le tâtonnement et l'objet non fini ou mal défini, maisons d'édition et feuilles littéraires s'en servent aujourd'hui comme d'une sous-catégorie ou non-catégorie où verser pêle-mêle tout ce qu'elles ne peuvent attribuer à une discipline précise. Ainsi a-t-on fini par donner le beau nom d'essayistes à de pseudo-auteurs aussi approximatifs dans leur « pensée » que dans leur style, tels que les Finkielkraut, Onfray, Bruckner et autres BHL. Or l'essai n'a rien à voir avec ces pauvres surgeons idéologiques. C'est un genre en soi, une grande forme même, et peut-être la plus française de toutes, car la plus en phase avec, sinon l'hypothétique « génie » de notre langue, sa dynamique et sa tradition. Pensons à Pascal, Voltaire, Rousseau, Diderot, au Baudelaire des Fusées, au Bachelard spiritualiste, à Valéry, Bataille, Caillois, Michaux... et n'oubli ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard