Russell Banks, Voyager

Russell Banks, Voyager

Chemins détournés

Revenant sur certains de ses voyages passés,le romancier américain en profite pour s'interroger sur ses engagements amoureux, politiques, littéraires. Un récit sincère où l'on suit la trajectoire d'un jeune séducteur devenu l'auteur lucide d'aujourd'hui.

Accoudé, un brin poseur, contre la carrosserie d'un pick-up rutilant, c'est un Russell Banks de 22 ans qui nous invite, cigarette et clés de contact en main, à embarquer dans son dernier livre. Pour ce projet à « double hélice », à la fois carnet de voyages et bilan autobiographique, le cliché n'aurait su mieux tomber. Appel à l'évasion, il suggère un je ne sais quoi de séduction, sans doute le maître mot de ce livre où l'auteur évoque à la fois sa jeunesse de don Juan « obsessionnel », ses quatre mariages, et plus généralement les méandres d'une existence placée sous le signe de la fuite - conformément au sens premier de seduco, signifiant séparer, détourner, s'écarter du droit chemin, du moins quand celui-ci prend l'allure trop balisée ou restrictive du tourisme de masse, de l'American way of life ou du lien conjugal éternel.

Le récit s'ouvre sous le ciel irisé des Antilles, dans les années 1980. Entièrement financé par un luxueux magazine de voyages, Russ ...

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