La cité interdite

La cité interdite

New York rivalise en horreur avec la Révolution culturelle pour une famille immigrée.

Elles s'appellent Christina, Annie, Mandee ou Stacey. Elles ont aussi le prénom chinois de leur naissance, que leur vie aux États-Unis se charge de recouvrir. Chaque jour s'apparente pour elles à ces mots qu'elles cherchent dans le dictionnaire, dont la définition est composée de termes dont il faut chercher la définition, et ainsi de suite.

Dans cette vie escamotée, tout leur est étranger : la langue, la vie de tous les jours, et leurs propres parents, « convaincus qu'[elles] jouirai[ent] de la bonne vie dont ils étaient disposés à ne pas jouir afin qu'[elles] puisse[nt] y goûter ». Ils ont connu en Chine les purges de la Révolution culturelle, dont ils ne parlent que sous le paravent d'un euphémisme ou le capiton d'un bon mot - « en chinois, le mot pour "torture" sonne comme le mot "haricot" »...

Mais leur vie à New York n'est guère plus riante : les parents se partagent une seule et même paire de chaussures ; le père « avale ce que sa fille vient de régurgiter pour ...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article

Nos livres

« Amazonia », Patrick Deville, éd. du Seuil