Arno Bertina, Des châteaux qui brûlent

Arno Bertina, Des châteaux qui brûlent

Surprises à la chaîne

Un secrétaire d'État se retrouve séquestré par les ouvriers d'un abattoir de poulets. Cela pourrait être le point de départ d'une fable sociale monolithique, mais cela devient un théâtre polyphonique et très libre, ouvert à toutes les digressions.

Rien ne se passera comme prévu. Premier mot du récit : « Spontanément ». Le lecteur est pris dans le mouvement des voix et des énergies qui s'inventent en même temps qu'elles agissent. Le décor émerge : en guise de château, un abattoir de poulets breton (la Générale armoricaine de Châteaulin) au bord de la liquidation, un représentant de l'État hors-sol fraîchement parachuté, des salariés en effervescence. En l'espace de quelques pages, Pascal Montville se retrouve aux mains de Vanessa Perlotta, Fatoumata Diarra, Witeck Grocholski, Gérard Malescese et d'autres. Tous les ingrédients semblent alors réunis pour un drame joué d'avance ; à la suite de François Bon (Daewoo) et d'Élisabeth Filhol (Bois II), Arno Bertina s'apprêterait à sonner le glas d'un monde, à documenter (certes avec panache) la lutte défaite. Mais tout part en vrille.

L'otage participe à son enfermement, les employés parlent de leur colère commune mais aussi de leurs désirs divergents, l'une ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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