Crier dans le désert

Crier dans le désert

Enfin traduit, un chef-d'oeuvre de 1970, peignant un Kansas miséreux, durant la Grande Dépression.

« Vous aimez les jardins de sable bien ratissés ? Alors vous allez adorer le Kansas. Côté relief, c'est plat, plat, plat. » Rarement un incipit fut aussi trompeur. Huit cents pages plus loin, en refermant Un jardin de sable, on ne sait pas vraiment si on aime le Kansas, mais une chose est certaine : la visite guidée romanesque menée par Earl Thompson n'avait rien de « plat, plat, plat ». Si le texte travaille une forme de monotonie, elle ne sert qu'à marquer l'impossibilité des personnages à sortir de la misère dans laquelle ils sont nés. Chaque « ça va changer » (et ils sont nombreux) n'est que l'habituel refrain de la mouise. De la naissance de Jacky, au seuil de la Grande Dépression, jusqu'à son adolescence dans les années 1940, ce roman autobiographique se lit comme un chapelet d'infortunes alternant avec de brefs instants de répit.

Publié en 1970 aux États-Unis, jamais traduit en français auparavant, Un jardin de sable oscille entre deux ambitions rare ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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