Crève, mon amour

Crève, mon amour

La première phrase, affirme-t-elle, est sortie d'une traite : allongée dans l'herbe, la narratrice veut mourir. À deux pas de là, son bébé et son mari barbotent dans une piscine en plastique. Elle les hait, elle se hait, elle aimerait qu'ils crèvent, voilà. Ariana Harwicz, prodige des lettres argentines - 35 ans au moment des faits -, est dépressive, « faible et malade », « bestiale », « menteuse, perfide » ; bref, sa maternité est une torture. Elle voit la mort partout, maudit le mâle qui lui a infligé ce désastre, vérifie « toutes les minutes si le bébé respire », met le feu à des fourmis, fustige la nuit « maussade et prétentieuse ». On lui promettait le bonheur que toutes les « mômans » sont supposées connaître ; elle a envie de hurler, de disparaître, elle est devenue une étrangère, aux autres et à elle-même. Quelque part entre Bernanos et Hubert Selby Jr., Crève, mon amour est le journal d'une mère en chute libre, affolée par ses affects, écrasée par le poids ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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