Courteline, la philo dans le placard

Courteline, la philo dans le placard

Lorsque le philosophe Clément Rosset s'est attelé à sa grande question - la propension de l'humanité à dénier ou à refuser le réel -, l'un de ses premiers exemples provenait du vaudeville.

L'expression littéraire la plus parfaite du refus de la réalité est peut-être celle offerte par Georges Courteline dans sa célèbre pièce Boubouroche (1893). Boubouroche a installé sa maîtresse, Adèle, dans un petit appartement. Un voisin de palier d'Adèle avertit charitablement Boubouroche de la trahison quotidienne dont est victime ce dernier : Adèle partage son appartement avec un jeune amant qui se cache dans un placard chaque fois que Boubouroche rend visite à sa maîtresse. Fou de rage, Boubouroche fait irruption chez Adèle à une heure inhabituelle et découvre l'amant dans le placard. Colère de Boubouroche, à laquelle Adèle répond par un silence mécontent et indigné : « Tu es si vulgaire, déclare-t-elle à son protecteur, que tu ne mérites même pas la très simple explication que j'aurais aussitôt fournie à un autre, s'il eût été moins grossier. Le mieux est de nous quitter. » Boubouroche admet aussitôt ses torts et le mal-fondé de ses soupçons : après s'être fait pardonn ...

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► Version longue de l'entretien avec Yann Algan : le co-auteur de l'essai Les Origines du populisme analyse la montée de la défiance envers les institutions dans notre dossier « Cas de confiance »

► Paradoxale promesse : critique du dernier essai de Vincent Peillon