Courbet, l'apprentissage de la littérature

Courbet, l'apprentissage de la littérature

Gustave Courbet, derrière le cliché du « maître d'Ornans », paysan philosophe inventeur du réalisme, a-t-il été le premier peintre à comprendre les révolutions du livre et à s'insérer délibérément dans la galaxie intellectuelle du xixe siècle ?

Delacroix, avec l'immense oeuvre que constitue son Journal, demeure le grand écrivain français le plus injustement méconnu du xixe siècle. Ingres, avec L'Apothéose d'Homère , a peint un collage de portraits de grands hommes parmi lesquels dominent les écrivains : Virgile, Dante, Corneille, Racine, Boileau... Face à eux, Courbet ne brille ni par ses enthousiasmes littéraires, ni par ses sujets qui, loin de sortir de Byron ou de Chateaubriand, sont d'abord empruntés à son pays d'Ornans, aux rives de la Loue et au Paris de la vie moderne. Serait-il le peintre qui ne lit pas : l'homme de L'Atelier ignorerait-il la bibliothèque ? Dans L'Atelier , précisément, sa toile la plus ambitieuse, « allégorie réelle », autoportrait et portrait d'une société, Courbet a pourtant fait entrer Proudhon, penseur qu'il admire, son ami Champfleury, romancier et critique, ou Baudelaire, lisant dans un coin. Il a même peint la maîtresse de celu ...

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