Corps à corps

Corps à corps

La syphilis est si étroitement associée à Baudelaire, l'épilepsie à Dostoïevski, la tuberculose à Thomas Mann, le sida à Hervé Guibert, qu'on peut se demander quels rapports exacts entretiennent les écrivains et leurs syndromes, le génie et l'infirmité, le texte et le corps. Tout se passe comme si la littérature se portait au chevet du soma, comme si les mots apaisaient les maux et qu'ils dressaient une herse contre la maladie, que Kafka appelait « Das Tier » (la bête), et Nietzsche son « chien ». Deux romans, cet automne, tentent d'apprivoiser cette ménagerie. Avec des fortunes diverses. Le premier rappelle que, si la maladie, comme la drogue, permet d'entrer au fond de soi, le risque est grand de n'en rapporter rien d'autre que ce qui s'y trouvait déjà, à l'instar du boucher drogué de Baudelaire qui fait des rêves de boucher. Victime en 2005 du syndrome de Guillain-Barré, Boris Razon a traversé une épreuve comparable à celle que Jean-Dominique Bauby a vécue et racontée à ...

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À lire : Révolution aux confins, Annette Hug, traduit de l'allemand Suisse par Camille Luscher, éd. Zoé