Contreforts gothiques en France et en Belgique

Contreforts gothiques en France et en Belgique

Les Anglo-Saxons n'ont pas le monopole des fantômes, vampires, séquestrations et châteaux inquiétants. D'Alexandre Dumas à Jean Ray, du Grand-Guignol au gore, de Victor Hugo à Julien Gracq, les thèmes et les procédés gothiques ont aussi essaimé dans la littérature francophone.

Dès les dernières années du XVIIIe siècle, des traductions et des imitations des romans d'Ann Radcliffe et de Matthew G. Lewis paraissent en grand nombre. Dans les cabinets de lecture que fréquente le public bourgeois et petit-bourgeois, l'heure est au roman. Les loueurs de livres en sont tellement submergés qu'ils créent des sous-genres pour les classer : Marc et Pigoreau établissent ainsi en 1819 une nomenclature dans leur Dictionnaire des romans, où ils distinguent entre romans de chevalerie, romans d'amours pastorales, romans de magie et, parmi les plus prisées de ces catégories, « romans noirs, sinistres, assassinats, empoisonnements, souterrains, prisons, cavernes, vieux châteaux, enlèvements, vengeances et crimes affreux, etc. »

Les lecteurs (et surtout, soutient-on à l'époque, les lectrices) se délectent des horreurs littéraires écrites par des auteurs britanniques, allemands et français. Dans les années 1820, grâce à l'impulsion donnée par les traductions d ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard