Conrad, travailleur de la mer

Conrad, travailleur de la mer

L'auteur de Typhon ne goûte pas les métaphores marines et trouve à l'inverse de la grandeur aux capitaines sans imagination mais épris de précision.

non, l'homme n'est pas impuissant face aux éléments déchaînés. Il peut leur opposer sa probité, son goût de l'exactitude, son sens du concret et des priorités, et si la chance ou les faveurs de Dieu s'y ajoutent, il en sortira vivant. C'est une des leçons que l'on peut tirer de l'extraordinaire Typhon. Un roman réaliste où Joseph Conrad, après une vie en mer, s'attache à régler leur compte à quelques vieux clichés romantiques sur les matelots et leurs capitaines. Et où il crée un personnage d'autant plus extraordinaire qu'il paraît d'abord le plus étriqué des hommes : le capitaine Mac Whirr.

Le roman commence quand deux armateurs cherchent un capitaine pour conduire le vapeur Nan-Shan en mer de Siam. On leur conseille Mac Whirr. Qui est tout le contraire d'un « capitaine de roman ». D'abord par le costume : loin du marin folklorique, pipe à la lippe, boucle à l'oreille et perroquet à l'épaule, Mac Whirr arbore en toute circonstance un complet brunâ ...

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