Confusions intéressées

Confusions intéressées

Si la confusion des valeurs, aujourd'hui, relève d'une incapacité d'analyse et témoigne de la paresse, sinon de la faiblesse, des esprits, l'histoire du mot révèle, derrière ce mal, une action volontaire. En bon latin de Cicéron ou de Virgile, confundere, notre « confondre », est une opération concrète, technique, assumée, par laquelle on « fond » ensemble des substances différentes. Verser ensemble revient à mêler, et la recherche universelle de pureté, qui fonde la morale, ne s'en remet pas. Avant même la naissance de nos langues modernes, le latin chrétien donne au verbe confundere le triste privilège de signifier « humilier, couvrir de honte ». Nous ne parlons plus guère de confondre un coupable, mais se confondre en excuses, en justifications, continue à suggérer beaucoup plus qu'une erreur de jugement, l'embarras d'avoir à reconnaître ses fautes.

En devenant formule polie, le « je suis confus » tâche de masquer cet embarras honteux qu'exprimait l'adjectif, dévalué avant ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

Nos livres

À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

Supplément web

Chaque numéro du Nouveau Magazine littéraire est complété d'articles en accès libre à lire sur ce site internet. 

MAI :

► Roberto Bolaño, et de deux : en complément de l'ensemble « Il faut relire » consacré à l'écrivain

► Entretien avec Jacopo Rasmi : avec Yves Citton, il signe l'essai Générations collapsonautes