Coetzee, un sibyllin messie

Coetzee, un sibyllin messie

Dans cette fable mystérieuse qui brasse plusieurs thèmes, J. M. Coetzee prend un malin plaisir à jouer avec son lecteur et à le laisser livré à ses interrogations.

On ne saura jamais ce qui s'est passé avant. Ou si peu. Ils ont fui, se sont trouvés sur un bateau, se sont reconnus, tous les deux, l'homme mûr et l'enfant. Simon et David (ce sont de nouveaux noms, ceux qu'on leur a donnés à leur arrivée) ont débarqué un matin à Novilla, dans un camp de réfugiés, pour tenter de s'y construire une nouvelle vie. Lui porte son âge, mais est encore capable de travailler et de faire l'amour, l'enfant a 5 ans et a perdu ses parents... Coetzee ne nous en dira pas plus sur le passé de ses héros, dont justement l'une des raisons d'être ici est leur désir de l'oublier. Ce flou des personnages, l'imprécision tant des milieux que des événements, joue d'entrée comme un multiplicateur de sens : Une enfance de Jésus, livre dont le mystère hante longtemps, ne saurait s'offrir à une seule interprétation, et déroule jusqu'au bout un parcours surprenant dans lequel il est difficile de trouver de solides points de repère.

Rapidement, Simon trouve à s' ...

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« La Filiale »,Sergueï Dovlatov, traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs (éd. La Baconnière)

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