Cioran, le volcan étranglé

Cioran, le volcan étranglé

Un recueil rassemble les textes de jeunesse que l'essayiste publia en Roumanie, entre 1932 et 1941. Son inclination fasciste n'y fait aucun doute mais, loin d'être univoque, elle est pétrie de paradoxes.

Hormis les éventuelles découvertes, à l'évidence très limitées, encore susceptibles d'advenir, on peut dire que, vingt ans après sa mort, le 20 juin 1995 à Paris, on dispose désormais de l'intégralité des écrits de Cioran. Cela concerne bien sûr avant tout son oeuvre roumaine, que, de son vivant, il avait mise sous le boisseau, en particulier sa Transfiguration de la Roumanie de 1936 (L'Herne, 2009), son livre « maudit », dont il avait déchiqueté l'exemplaire unique qu'il conservait, tant il avait honte de ses assertions d'alors (et peur qu'elles ne soient réexhumées ?), notamment antisémites. Mais cela vaut aussi pour ses Cahiers, retranscrits par sa compagne, Simone Boué, avant la disparition de celle-ci par noyade, en 1997, et pour quelques manuscrits épars retrouvés dans ses papiers, tels que le magnifique Mon pays (Humanitas, 1996), dans lequel il revenait sur ses « engagements de jeunesse » auprès de la Garde de Fer, une version roumaine préparatoire ...

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