CI-GÎT LE PRÉCIS

CI-GÎT LE PRÉCIS

C'était l'un des plus grands stylistes français vivants : vaincu par un cancer à 57 ans, il a forgé une langue d'une parfaite exactitude, entre obsession des corps et présence des fantômes.

Mon problème essentiel est que je ne suis pas encore mort. » Décochée dès le deuxième paragraphe, la phrase résonne étrangement, aujourd'hui que Mathieu Riboulet s'est tu. Réédité à l'automne, Le Regard de la source date pourtant de 2003, à un moment où cet alchimiste du verbe avait encore treize années et presque autant de livres devant lui. Mais ce dialogue des vivants et des morts imprègne tous ses livres qui sans morbidité relient l'être à la perte, l'ardeur au silence. Si tout commence par la nuit, c'est aussi vers elle que chaque ligne couchée sur la page progresse « à reculons », constate ici le narrateur. Perché dans un monastère à des fins d'écriture, le voici qui guette sous des eaux battantes et incessantes la visite des fantômes et le retour des larmes taries. Cette pluie, cette nuit, il les prendra « à bras-le-corps », fidèle, en cela, à l'un des noeuds de l'oeuvre qui tout entière palpite de corps épiés, désirés, souples ou entravés, traversés par d'autres cor ...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article