Churchill en hiver

Churchill en hiver

puisque le monde est une scène, et la vie une pièce qui ne signifie rien, autant la raconter comme telle... Je reste roi de mes chagrins s'intéresse ainsi à un moment de la vie de Churchill - lorsque le peintre Graham Sutherland lui tira le portrait pour son quatre-vingtième anniversaire. Et d'emblée le texte apparaît comme l'inverse de ces irritantes biographies romancées, qui cherchent à imposer un sens, un dessein intelligent, bref, une trame romanesque au chaos d'une existence. Cela tient au dispositif : Philippe Forest, qui croit que « rien n'a de sens », nous raconte les rencontres entre Churchill et son peintre sous la forme d'une pièce de théâtre en cinq actes comme s'il en était le spectateur, le choeur et l'auteur. Et il ajoute aux scènes ses méditations, qui finissent par former une théorie littéraire de l'existence, où les comédiens que nous sommes rejouent les mêmes drames en les prenant chaque fois pour leurs.

En somme, l'écrivain, comme son p ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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