Chronique d'une déferlante

Chronique d'une déferlante

Au commencement était le verbe. Ou, dans le cas des femmes, un silence imposé. Pourquoi les prises de parole actuelles ébranlent « l'ordre des choses ».

mère, remontez dans vos quartiers, et prenez votre propre travail, le métier à tisser et la quenouille [...] ; la parole sera l'affaire des hommes, de tous les hommes, et de moi surtout ; car le mien est le pouvoir dans cette maison. » Ainsi s'adressait Télémaque à sa mère Pénélope. C'est, dans l'Antiquité, le tout « premier exemple d'un homme intimant à une femme l'ordre de se taire, que sa voix ne pouvait être entendue en public », écrit Mary Beard dans son essai Women &Power. A manifesto (paru en novembre 2017), qui retrace la longue histoire de l'écrasement de la parole des femmes. Chez Ovide (Io, transformée par Jupiter en vache, qui ne pouvait plus que meugler ; la bavarde nymphe Écho, condamnée à ne pouvoir que répéter les mots des autres) ou chez Shakespeare (Lavinia, à qui l'on coupa la langue pour l'empêcher de dénoncer son violeur), jusqu'à Mary Beard elle-même, quelque trois mille ans après Homère, victime d'une campagne de rage misogyne sur Twitter ...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article

Nos livres

« La Filiale »,Sergueï Dovlatov, traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs (éd. La Baconnière)

S'abonner au magazine

S'abonner au magazine